Mondial 2010 en Afrique du Sud

Samedi 8 juillet 2006 6 08 /07 /2006 14:35

(Reuters) - Zinedine Zidane disputera ce dimanche le dernier match de sa carrière et sa deuxième finale de Coupe du monde, privilège réservé à une poignée de joueurs dans l'histoire de l'épreuve.

 

Comme il l'avait annoncé bien avant le début de la compétition, le capitaine des Bleus va se retirer après 12 années et 108 sélections.

A 34 ans et lassé par une aventure débutée à Cannes en 1988, Zizou était revenu sous le maillot étoilé pour cette unique raison: réussir sa sortie, faire dignement ses adieux et, au fond de lui-même, démontrer qu'il fut le plus grand joueur qu'ait connu l'équipe de France.

"Je suis heureux que nous soyons en finale pour Zidane mais aussi pour (Lilian) Thuram ou (Claude) Makelele. Je suis heureux parce que cela n'est pas encore terminé pour ces grands joueurs qui vont prendre leur retraite", a commenté Raymond Domenech.

"Il est mieux que cela ne se soit pas achevé dans le dépit et l'oubli d'un France-Grèce (en quart de finale de l'Euro2004)", a-t-il ajouté.

Cette ultime apparition de Zidane est attendue par tout un peuple, par ces mêmes supporters qui avaient scandé son nom inscrit en lettres de lumière sur l'Arc de Triomphe le 12 juillet 1998.

Le match de tous les matches était au fond le seul qui pouvait convenir pour la sortie de ce joueur au talent exceptionnel, au tempérament timide et parfois violent, détestant l'injustice plus que tout autre chose.

Au bout de cette trajectoire, Zidane restera comme le symbole d'une génération qui a tout gagné, qui a connu tous les honneurs et qui a finalement écrit les plus belles pages de l'histoire du football tricolore.

La comparer à ses devancières, celles de Just Fontaine ou de Michel Platini, serait vain mais il faut constater que c'est avec elle que s'est forgé le culte de la victoire.

A l'heure de se retirer et de devenir l'ambassadeur du Real Madrid, Zidane reste le joueur le plus cher de la planète.

Son transfert de 75 millions d'euros de la Juventus de Turin au club castillan, neuf fois champion d'Europe, n'a jamais été dépassé, ni même égalé.

Cet ultime match ne manque pas de saveur au regard de l'histoire récente des Bleus.

Héros de la finale face au Brésil à Paris, blessé et incapable d'éviter l'humiliation de 2002 en Corée du Sud, déçu et frustré par les mésententes lors de l'Euro2004, Zidane a ressurgi de ses cendres lors de cette Coupe du monde.

L'on pouvait penser que le championnat d'Europe en Belgique et aux Pays-Bas resterait comme son chef d'oeuvre personnel, sa performance la plus convaincante et la plus aboutie.

"Allemagne 2006" fut encore plus fort.

Après un premier tour dont il retiendra qu'il a écopé de deux cartons jaunes et d'une suspension, Zidane s'est métamorphosé comme le reste de l'équipe.

Face à l'Espagne, il fut tout simplement époustouflant, exactement comme il l'avait été dans le petit stade champêtre de Bruges lors du quart de finale de l'Euro2000.

Mais c'est face au Brésil qu'il a touché du doigt la grâce.

Pendant 90 minutes, le capitaine des Bleus fut au-dessus de tout le monde, de ses adversaires et de ses partenaires, offrant le but de la victoire à Thierry Henry.

S'il a été moins à son avantage contre le Portugal, son travail fut plus discret, sans être moins déterminant.

Le regard noir et déterminé, ne doutant pas un instant de son talent, il transforma presque sans élan le penalty qui envoya la France en finale.

Dimanche à Berlin, il va retrouver l'Italie, où il a vécu pendant cinq années et qui, elle aussi, l'avait adopté comme un roi.

"Jusqu'à présent il était impossible de dire par avance si cela allait être le dernier match de Zidane. Mais cette fois, c'est sûr", a lancé Domenech, avec un sourire.

"Je suis simplement content, car en plus ce sera face à l'Italie. Ce sera une fin digne de lui, digne de l'immense champion qu'il est."

 

Par YvY - Publié dans : Mondial 2006 - Coupe du Monde 2006
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Commentaires

CHUTE D'UN TITAN Ordinairement je ne m'intéresse nullement au jeu de balle au pied (football pour les puristes). Le match d'hier (Mondial du 9 juillet 2006) fut passionnant cependant. Des milliards d'humains regardaient dans la même direction : nos onze étoiles nationales projetées en orbite mythique devenaient quasi cosmiques. Parties pour la légende. Ou la désintégration en plein vol. Finalement la chute des héros français, rendue encore plus pathétique par les mines abattues et les pleurs rentrés, c'était encore plus beau que la gloire ! Jusqu'au dernier moment le suspens a fait frémir des milliards de gens. Magnifique spectacle planétaire ! La fin fut cruelle, tragique, poignante : nos demi-dieux sont tombés. Voilà précisément ce qui a donné tout son éclat au match. Sans cette chute vertigineuse, sans le coup de tête félon de Zidane, sans ces larmes finales mêlées à la sueur, quel intérêt aurait eu cette partie de jeux du cirque moderne avec Chirac trônant comme un empereur romain au-dessus de l'arène ? Il fallait que les onze astres s'éteignent avec fracas pour que le chaos soit beau. Zidane sorti du terrain au dernier moment, quelle surprise ! L'apothéose, inattendue, théâtrale, terrible, fut à la hauteur de l'évènement. Les coeurs ont cogné, pleins de sanglots, les têtes ont tourné, pleines de rêves brisés... En un seul coup de ballon les onze sont passés du statut de héros à celui de perdants planétaires. C'est ça qui était magnifique. Raphaël Zacharie de Izarra raphael.de-izarra@wanadoo.fr +++++++ (PS : L'insulteur italien aurait-il intrigué pour faire sortir Zidane ? Cette éventualité est toujours possible chez les compatriotes de Machiavel, fins stratèges... Prendre de la sorte l'adversaire avec les mots et non avec les mains afin de le faire expulser du terrain à un moment critique du match dans le dessein d'affaiblir son équipe est la chose qui vient naturellement à l'esprit. L'insulteur n'est pas fautif : il n'a touché Zidane qu'avec les mots. L'insulté a répondu avec les mains. Avec la tête plus précisément. Lui en revanche est fautif. Si ainsi furent les choses, alors bien joué l'italien !)
Commentaire n°1 posté par RAPHAEL ZACHARIE DE IZARRA le 11/07/2006 à 02h38

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