Bernard Saules, le président de l'Union nationale des arbitres français (UNAF), a estimé mardi que l'arbitrage depuis le début du Mondial de football était "une véritable catastrophe", regrettant que la Fifa ait cédé au "saupoudrage politique" dans le choix des arbitres.
Q: Comment expliquez-vous qu'il y ait depuis le début de la Coupe du monde une telle avalanche d'erreurs d'arbitrage?
R: "C'est simple, on a sélectionné les meilleures équipes par continent, mais le problème, c'est que l'on n'a pas sélectionné les meilleurs arbitres. Depuis le début, c'est une véritable catastrophe. La Fédération internationale de football (Fifa) et M. Blatter ont fait du saupoudrage politique dans le choix des arbitres, pour faire plaisir à tel ou tel pays, et voilà le résultat. Quand on voit que l'Europe fournit seulement sept arbitres (NDLR: en fait 9), alors que les meilleurs arbitres sont européens. Le nombre d'erreurs qu'on a constaté dépasse la fiction. Qu'on fasse venir des arbitres moyens dans des compétitions internationales mineures, mais pas à la Coupe du monde. J'ai connu une époque où les arbitres qui étaient mauvais rentraient à la maison, et où cela ne choquait personne."
Q: Mais les deux arbitres les plus critiqués depuis le début de la compétition ont été M. Poll (Croatie-Australie) et M. Ivanov (Pays-Bas-Portugal), deux Européens...
R: "C'est vrai, mais cela soulève un autre problème. Les tests de la Fifa sont des tests uniquement physiques. Alors oui, ils sont en parfaite condition physique, oui ils sont près de la balle, mais plus ils sont près, moins ils voient bien. En plus, les arbitres sont +bunkérisés+ en Allemagne et on les fait crapahuter tous les jours. Ils courent trop, et je ne suis pas convaincu que ce soit la meilleure des choses. Dès lors qu'ils sont sur-entraînés, ils ne sont pas bons lors des matches. J'ai un peu peur de cette dérive qui veut faire des +Carl Lewis+ de l'arbitrage."
Q: Pensez-vous que la vidéo puisse aider les arbitres?
R: "Oui, je le pense. Mais la Fifa ne veut toujours pas en entendre parler. Sauf que son discours ne tient plus, car elle reconnaît qu'on se trompe, et qu'il faut continuer à se tromper. Il faut arrêter l'hypocrisie et ne plus avoir peur d'utiliser parcimonieusement la vidéo sur cette compétition. Il faut arrêter d'avoir des penalties bidon, des cartons brandis pour n'importe quoi, des simulations non punies. Ce qui me dérange aussi, c'est l'image qui est véhiculée par l'arbitrage. Après ce Mondial, je ne suis pas sûr que la campagne de recrutement des arbitres en France soit un succès." Propos recueillis par Cyril TOUAUX (AFP)
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