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Jeudi 15 juin 2006

Thierry Henry, impuissant lors de l'entrée en lice des Français dans le Mondial, ne se reproche pas son manque de réussite devant le but et n'est pas persuadé que son association avec David Trézéguet réglerait les problèmes offensifs des Bleus.

 

L'attaquant d'Arsenal, qui n'a pas réussi à mettre fin à la disette offensive de huit ans de l'équipe de France en phase finale de la Coupe du monde mardi soir (0-0), estime qu'il s'en est fallu d'un rien pour que les Tricolores battent la Suisse.

Il reproche à l'arbitre de ne pas avoir sifflé un penalty à la 38e minute pour une main dans la surface de réparation du défenseur suisse Patrick Müller et aurait aimé que Franck Ribéry, sur cette même occasion, lui adresse un meilleur centre en retrait.

"Si Franck me donne la balle devant, je marque dans le but vide", a commenté Henry, deuxième meilleur buteur de tous les temps en équipe de France derrière Michel Platini (33 buts contre 41). "Mais il me met le ballon derrière. Si cette occasion-là on l'avait mieux gérée, on ne ferait pas la même conférence de presse aujourd'hui. Ça aurait ensuite été plus facile de les laisser venir et de les contrer."

Ribéry a reconnu avoir raté sa passe, par excès d'application. "J'aurais dû la mettre un peu plus devant, je pense qu'on aurait marqué", a déclaré le joueur de Marseille, toujours très humble. "Il aurait alors pu la prendre à une touche de balle."

Contre les Suisses, Henry a été titularisé seul en pointe. Lors des trois derniers matches de préparation des Bleus, Raymond Domenech avait opté pour un système à deux attaquants, mais Henry ne voit pas dans l'expérimentation du sélectionneur la source des problèmes français.

"Ça n'a rien à voir avec la tactique, c'est une action", a souligné Henry, en revenant sur le centre de Ribéry. "Sans être méchant, car ça arrive à tout le monde et ça m'est arrivé. Tu veux centrer, la mettre devant, et tu la mets derrière. C'est un centre un peu raté. Ça peut t'arriver dans n'importe quelle tactique. Malheureusement, la balle était derrière moi."

Après le nouveau match nul des Bleus, Henry avait déclaré que la pelouse avait été arrosée trop tôt avant le coup d'envoi, avançant cette théorie pour expliquer son manque de réussite offensive. Mercredi, il a répété qu'il n'avait aucun regret concernant ses occasions manquées.

"J'ai essayé de frapper, de me mettre en position de tir, des fois ça rentre, des fois ça rentre pas", a dit Henry, auteur de trois frappes cadrées pendant le match. "Je n'ai pas de regrets, car je n'ai pas eu de face à face. Quand tu perds un face à face, tu l'as toujours en travers de la gorge."

Henry a ensuite rappelé que sa vitesse de course, surtout dans la chaleur de Stuttgart mardi après-midi, avait pu surprendre certains de ses partenaires. En deuxième mi-temps particulièrement, quand la fatigue s'est fait sentir, Henry s'est retrouvé à plusieurs reprises coupé du reste de ses équipiers.

"J'ai eu un sentiment de solitude. J'aime aller vite. Mais peut-être faut-il temporiser pour laisser remonter le bloc-équipe? (...) Comme je vais vite, notamment sur une passe de "Zizou" en profondeur, je contrôle et je centre, la balle passe entre le gardien et le défenseur, et il n'y a personne... Sylvain Wiltord n'a pas eu le temps d'arriver. Quand il fallait partir attaquer, "Zizou" était là et Sylvain arrivait un peu à la fin..."

En dépit des échecs répétés du Gunner devant les cages suisses, Domenech n'a pas fait entrer sur le terrain Trezeguet. Auteur de 23 buts en championnat d'Italie cette saison avec la Juventus et de six réalisations en Ligue des champions, "Trezegol" a coutume de briller dans les matches importants. Et en équipe de France , l'auteur du but en or de la finale de l'Euro 2000 a déjà marqué à 32 reprises, en 63 sélections seulement.Henry n'est pourtant pas convaincu que la titularisation à ses côtés de l'un des meilleurs attaquants de la planète serait un gage de succès pour la France.

 

"Comme je le dis toujours, ce n'est pas une affaire Henry-Trezeguet (...)", a commenté le Français. "C'est juste que toute l'équipe doit attaquer, comme on le fait à Arsenal. Ce n'est pas parce que tu marques 30 buts dans ton championnat que tu vas le faire pendant la Coupe du monde. Oui, David pourrait m'aider, mais pas seulement lui, toute l'équipe aussi." AP

 

par YvY publié dans : Actualités - Coupe du monde
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